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Source : Guerre des frontières du Rhin - W. Rustow, Paris, Dumaine, 1873. Image

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Progrès des armées allemandes de 1866 à 1870

Infanterie   Cavalerie   Artillerie   Génie   Train   Districts   Garnisons   Service   Grand-duché de Hesse-Darmstadt   Bavière, Wurtemberg et Bade   Organisation  

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La guerre de 1866 durait encore que la Prusse, en prévision des annexions qu'elle voulait faire, avait déjà pris ses mesures pour augmenter son armée; il lui fut donc facile, à la fin de cette guerre, de faire entrer dans son système militaire, non-seulement les provinces annexées, mais encore les pays de la Confédération allemande du Nord.

Avant la paix de Prague, la Prusse avait 1 corps de la garde et 8 corps d'armée provinciaux.
Ces 9 corps d'armée, sauf des différences sans importance, étaient organisés de la même manière.
Chaque corps renfermait, en troupes de ligne actives et permanentes :
9 régiments d'infanterie à 3 bataillons ;
1 bataillon de chasseurs ;
6 régiments de cavalerie ;
Une brigade d'artillerie, composée d'un régiment de campagne et d'un régiment d'artillerie de place ;
1 bataillon de pionniers et
1 bataillon du train.
Chaque corps d'armée, sur le pied de guerre, représentait en troupes de campagne un effectif d'environ 30.000 hommes d'infanterie et de cavalerie, avec 96 pièces de campagne.

II n'y avait aucune difficulté à augmenter l'effectif de chaque corps de troupes, grâce au grand nombre d'hommes exercés au service militaire, et aux institutions organiques en vigueur.
On formait donc très facilement de nouvelles compagnies, de nouveaux bataillons ou escadrons. La base de ces nouvelles formations était, en première ligne dans les troupes de dépôt (ou de remplacement), en seconde ligne dans la landwehr, destinée à fournir les garnisons des places fortes et, en outre, à former des réserves stratégiques pour l'armée de ligne combattant à l'étranger.
A la suite de ces annexions directes, le gouvernement prussien ordonna la formation de 3 nouveaux corps d'armée, ce qui portait à onze le nombre des corps provinciaux de l'armée prussienne, sans compter la garde qui se recrute dans toute l'étendue de l'Etat prussien.
Par le fait, on ne créa que 16 nouveaux régiments d'infanterie sur les 27 que devaient renfermer les trois nouveaux corps d'armée ; les vides devaient être remplis par les contingents des petits Etats de la Confédération du Nord.
En entrant dans cette Confédération, le royaume de Saxe fournit un douzième corps d'armée provincial.

Nous allons examiner, par armes, l'organisation militaire de la Confédération allemande du Nord, telle qu'elle était à la fin de 1868, en négligeant pour un temps la landwehr et le grand-duché de Hesse.

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boite verte  Infanterie :

Corps de la garde prussienne :
4 régiments à pied de la garde,
4 régiments de grenadiers de la garde,
1 régiment de fusiliers de la garde,
1 bataillon de chasseurs de la garde,
1 bataillon de tireurs d'élite de la garde,
Ce qui fait 29 bataillons d'infanterie.

Troupes provinciales (y compris le 12e corps — Saxons) :
88 régiments d'infanterie prussienne, portant les numéros 1-88, dont 12 régiments de grenadiers n°1-12, et 8 régiments de fusiliers,n°33-40.
17 régiments fédéraux d'infanterie, savoir :
- de Mecklenbourg, n°89 (grenadiers) et n°90 (fusiliers), appartenant au 9e corps d'armée,
- 1 d'Oldenbourg, n°91 (10e corps d'armée) ;
- 1 de Brunswick, n°92 (10e corps) ;
- 1 d'Anhalt, n°93 (4e corps) ;
- 1 (septième) de Thuringe, n°96 (4e corps), fourni par la Saxe-Altenbourg et Reuss ;
- 1 (cinquième) de Thuringe, n°94 (11e corps), fourni par la Saxe-Weimar ;
- 1 (sixième) de Thuringe, n°95 (11e corps), fourni par la Saxe-Cobourg-Gotha et la Saxe-Meiningen-Hildbourg- hausen-Saalfeld ;
- 9 régiments, n°100 à 108, du 12e corps (Saxons), dont 2 régiments de grenadiers, n°3 1OO et 101, et un régiment de fusiliers, n°108.

Les numéros 97, 98 et 99 manquent dans la série des régiments provinciaux de l'Allemagne du Nord. Par suite de diverses conventions militaires particulières, la Prusse devait lever des régiments pour quelques petits Etats, ou transporter plutôt des régiments prussiens sur leur territoire. Cette nouvelle organisation n'étant pas terminée dès le début, c'est pour cela que les numéros 97, 98 et 99 restèrent provisoirements vacants.

Les bataillons de chasseurs provinciaux étaient :
- 11 bataillons, n° 1-11, pour les onze corps prussiens ;
- 2 bataillons saxons, n°12 et 13, pour le 12e corps;
- 1 bataillon mecklenbourgeois n°14.

En récapitulant l'infanterie, nous avons :
- 9 régiments de la garde à 3 bataillons soit 27 bataillons,
- 88 régiments prussiens à 3 bataillons soit 264 bataillons,
- 17 régiments fédéraux à 3 bataillons soit 51 bataillons,
- 2 bataillons de chasseurs de la garde,
- 14 bataillons de chasseurs provinciaux,
Total : 358 bataillons.

La force moyenne du bataillon, en entrant en campagne est de 1.000 combattants, répartis dans 4 fortes compagnies.
A chaque mobilisation, on forme aussitôt par régiment d'infanterie un bataillon de dépôt —ou de remplacement— de 1.000 hommes, et par bataillon de chasseurs une compagnie de dépôt de 200 hommes.
En moins de deux mois chaque bataillon de dépôt peut être doublé sans difficulté, de sorte que l'on possède alors d'abord un 4e bataillon tout prêt à entrer en campagne et, en second lieu, un nouveau bataillon de dépôt.

L'infanterie allemande du Nord peut donc mettre en campagne, sans rien improviser :
- En première ligne (infanterie et chasseurs) 358.000 hommes,
- En seconde ligne 117.200 hommes,
Total : 475.200 hommes.

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boite verte  Cavalerie :

La campagne de 1866, les annexions, etc., apportèrent des changements importants dans la cavalerie.
Les régiments de cavalerie de la garde restèrent les mêmes après 1866; c'étaient :
- 1 régiment de gardes du corps,
- 1 régiment de cuirassiers,
- 2 régiments de dragons,
- 1 régiment de hussards,
- 3 régiments de uhlans (lanciers),
en tout 8 régiments.

Le nombre de régiments de cuirassiers de la ligne resta également le même après les annexions ; c'étaient les 8 anciens régiments de cuirassiers prussiens.
Il n'en fut pas ainsi des dragons, des hussards et des uhlans.
Le nombre des régiments de dragons prussiens qui était de 8 fut porté à 16 après 1866 ; il s'y joignit en outre les deux régiments de dragons mecklenbourgeois avec les numéros 17 et 18, le régiment de dragons d'Oldenbourg avec le n°19, et les 4 anciens « régiments de cavalerie » saxons qui conservèrent leurs titres et leurs numéros de 1 à 4. La Confédération du Nord comptait donc 23 régiments de dragons, y compris les cavaliers saxons.
Les 12 anciens régiments de hussards prussiens furent portés à 16 après les annexions, et il s'y ajouta le régiment de hussards de Brunswick, avec le n°17. La Confédération avait en conséquence 17 régiments de hussards.
Les 12 régiments de uhlans prussiens furent également portés à 16, et deux régiments de uhlans saxons, nouvellement créés, donnèrent 18 régiments de uhlans.

En récapitulant la cavalerie de l'Allemagne du Nord nous trouvons (sans la Hesse-Darmstadt):
- Garde prussienne   8 régiments,
- cuirassiers   8 régiments,
- dragons   23 régiments,
- hussards   17 régiments,
- uhlans   18 régiments,
Total :   74 régiments.

Chacun de ces régiments avait, dans la nouvelle formation, 5 escadrons dont 4 escadrons de guerre et un de dépôt. Ce dernier était complètement organisé, même sur le pied de paix ; avec le système de réserve et de landwehr en vigueur, il était possible de grossir considérablement cet escadron de dépôt de manière à en faire le noyau de nouveaux escadrons de guerre de réserve et d'escadrons de garnison de la landwehr pour occuper les places fortes, défendre les côtes et former des réserves stratégiques en arrière de l'armée d'opérations.
Chaque escadron entre en campagne avec 150 chevaux montés, de sorte que les 74 régiments de cavalerie mettent en campagne :
- En première ligne 44.400 chevaux,
- En deuxième ligne (dépôts) 11.100 chevaux,
Total...... 55.500 chevaux.

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boite verte  Artillerie :

D'après la règle générale, chaque brigade d'artillerie se compose d'un régiment d'artillerie de campagne et d'un régiment d'artillerie de places. Néanmoins, les brigades des 9e, 10e, 11e et 12e corps d'armée de la Confédération allemande du Nord n'ont jusqu'à présent qu'une division d'artillerie de places avec le régiment d'artillerie de campagne.
Chaque régiment d'artillerie de campagne se compose, sur le pied de guerre, de 5 divisions, savoir : 1 division à cheval, 3 divisions à pied et 1 division, de colonne (train). Le matériel des divisions à pied a été récemment transformé, de manière à en faire de l'artillerie montée.
Chaque division à pied compte 4 batteries, savoir : 2 batteries de 6 rayé et 2 batteries de 4 rayé. Toutes les pièces se chargent par la culasse.
Chaque division à cheval ne renferme, depuis 1866 que 3 batteries de 4 rayé.
Toutes les batteries sont de 6 bouches à feu.
D'après ce qui précède, chacun des 13 régiments d'artillerie de campagne met en première ligne 15 batteries avec 90 bouches à feu. Puis une division de colonne qui se compose de 9 colonnes, 4 pour les munitions d'infanterie et 5 pour les munitions d'artillerie.
Le régiment compte (sans les officiers) 3.731 hommes, 3.358 chevaux et 385 voitures (sans compter les canons).
Les 13 régiments de campagne mettent en première ligne 1.170 bouches à feu.
Chaque régiment d'artillerie de campagne forme, en cas de guerre, une division de dépôt de 2 batteries à pied et 1 batterie à cheval, ayant ensemble 18 pièces.
Cela donne 234 pièces en deuxième ligne pour les 13 régiments de la Confédération du Nord.
Les deux batteries d'Oldenbourg, une de 6 et une de 4, et la batterie de 6 rayé de Brunswick appartiennent au 10e régiment d'artillerie de campagne; les 4 batteries mecklenbourgeoises, 2 de 6 et 2 de 4, forment la 3e division à pied du 9e régiment de campagne.
Une division d'artillerie de places a 4 compagnies ; comme il y a 22 divisions de places, cela donne pour les 13 corps allemands du Nord 88 compagnies qui, en cas de guerre, peuvent être portées au double par l'incorporation d'hommes de la réserve et de la landwehr, ce qui fait 176 compagnies avec un effectif approximatif de 36.000 hommes.
L'artillerie de places fait le service des places fortes et des côtes, et elle fournit en outre le personnel des parcs de siège dans le cas d'une guerre offensive.

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boite verte  Génie :

Le génie se compose du corps des ingénieurs, uniquement formé d'officiers, et de 13 bataillons de pionniers, en temps de paix chacun de 4 compagnies : une de mineurs, deux de sapeurs et une de pontonniers. Un bataillon de pionniers mobilisé se divise, à la guerre, en 3 fortes compagnies, à chacune desquelles on attache, d'après sa destination, une colonne d'outils du génie, un équipage de ponts d'avant-garde ou une colonne de pontons. Les bataillons de pionniers fournissent en outre les cadres et le noyau des hommes pour les divisions de télégraphes et de chemins de fer. En cas de mobilisation, chaque bataillon de pionniers forme une compagnie de dépôt.

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boite verte  Train :

Chaque corps d'armée a son bataillon du train oui à l'inverse des autres corps de troupes, reçoit des recrues deux fois par an et ne les conserve que pendant six mois. Très-faible en temps de paix, le bataillon du train prend, en cas de mobilisation, des dimensions colossales, indépendamment des soldats du train qui sont spécialement affectés aux diverses fractions de troupes. Il se compose alors en effet de :
- 5 colonnes de vivres à 32 voitures;
- 1 colonne de fours de campagne à 5 voitures ;
- 1 dépôt de chevaux de 170 chevaux et 1 voiture ;
- 3 ambulances de 10 voitures, avec chacune une compagnie d'infirmiers pour relever les blessés ;
- 1 escadron d'escorte du train de 120 chevaux et une voiture;
- 1 colonne de voitures, correspondant aux compagnies auxiliaires du train des équipages français ; elle n'est formée qu'en cas de besoin et peut être cependant évaluée en moyenne à 5 divisions, chacune de 80 voitures.
Comme la cavalerie, par suite de son effectif élevé en temps de paix, n'a besoin pour être mobilisée que d'un nombre relativement restreint de ses réserves et de sa landwehr, elle fournit au train un contingent assuré et très suffisant pour compléter ses conducteurs et les hommes nécessaires pour soigner les chevaux.

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boite verte  Les douze districts :

Pour ce qui concerne le recrutement, l'administration, la formation des landwehriens et la mobilisation en général, le territoire de la Confédération allemande du Nord (sans la Hesse-Darmnstadt) est partagé en 12 districts de corps d'armée, un pour chacun des 12 corps provinciaux, tandis que le corps de la garde prussienne, le 13e de l'armée de la Confédération se recrute sur la totalité de la monarchie prussienne.
Chaque district de corps d'armée est en outre fractionné en neuf districts principaux d'une classe inférieure qui sont, en général, un district de bataillon de landwehr de réserve et 8 districts de régiment de landwehr.
Il y a dans chaque district de corps d'armée un district de bataillon de landwehr de réserve; mais les districts de régiment de landwehr sont par le fait en nombre variable; ainsi il s'en trouve :
- 8 dans chacun des 1er, 2e 3e 5e, 6e, 7e, 8e, 11e et 12e corps d'armée ;
- 6 dans chacun des 9e et 10e corps ;
- 9 dans le 4e corps d'armée.
Dans chaque district de régiment de landwehr se recrute le régiment d'infanterie de ligne correspondant; le régiment de fusiliers, le bataillon de chasseurs, les régiments de cavalerie, la brigade d'artillerie, le bataillon de pionniers et le bataillon du train de chaque corps d'armée se recrutent sur tout le district de ce corps.
Deux districts de régiment de landwehr forment généralement un district de brigade. Chaque district de régiment de landwehr se divise en deux districts de bataillon, chacun desquels fournit, en cas de mobilisation, un bataillon complet de garnison (landwehr), sans préjudice des autres formations.
Un district de bataillon de landwehr renferme de 3 à 6 (exceptionnellement jusqu'à 12) districts de compagnie. Mais cela ne veut pas dire qu'en cas de mobilisation les bataillons de landwehr puissent se composer d'un nombre variable de compagnies, car le bataillon mobilisé de landwehr a, comme le bataillon de ligne, 4 compagnies.
Un rôle tout particulier est assigné au district de bataillon de landwehr de réserve. D'après leurs numéros, ils correspondent aux régiments de fusiliers qui sont recrutés dans leurs districts de corps d'armée; mais ils doivent servir principalement à égaliser les bataillons de garnison, ce qui paraissait d'autant plus nécessaire que l'organisation de la landwehr ne pouvait entrer en activité du jour au lendemain dans les provinces annexées à la Prusse, ainsi que dans les petits Etats de la Confédération du Nord.
Il ne paraîtra donc pas inutile que nous donnions ici les 12 districts de corps d'armée de la Confédération allemande du Nord, en indiquant pour chacun d'eux le territoire du bataillon de landwehr de réserve :
- 1er corps d'armée :
Prusse orientale et une grande partie de la Prusse occidentale. Bataillon de landwehr de réserve de Kœnigsberg, n°33 (cercles de Fischhausen, de Kœnigsberg ville et campagne).
- 2e corps d'armée :
Poméranie, partie de la Prusse occidentale et de Posen. Bataillon de landwehr de réserve de Stettin, n°34 (cercles de Randow, d'Usedom-Wollin, ville de Stettin).
- 3e corps d'armée:
Brandebourg. Bataillon de landwehr de réserve de Berlin, n°35 (ville de Berlin).
- 4e corps d'armée :
Province de Saxe, Anhalt, Reuss, Schwarzbourg. Bataillon de landwehr de réserve de Magdebourg, n°36 (ville de Magdebourg, cercles de Magdebourg et de Wanzleben).
- 5e corps d'armée :
Basse Silésie et district de gouvernement de Posen. Bataillon de landwehr de réserve de Glogau, n°37 (cercles de Glogau et de Fraustadt).
- 6° corps d'armée :
Moyenne et haute Silésie. Bataillon de landwehr de réserve de Breslau, n°38 (ville de Breslau).
- 7e corps d'armée :
De la Westphalie, les cercles de gouvernement de Munster et de Minden ; de la province rhénane, le cercle de gouvernement de Dusseldorf, puis la Lippe-Detmold et la Lippe-Schaumbourg. Bataillon de landwehr de réserve de Barmen, n°39 (cercles d'Elberfeld, de Barmen et de Mettmann).
- 8e corps d'armée:
Hohenzollern et, de la province rhénane, les cercles de gouvernement d'Aix-la-Chapelle, de Cologne, de Coblentz et de Trêves. Bataillon de landweh de réserve de Cologne, n°40 (ville et cercle de Cologne).
- 9e corps d'armée :
Schleswig-Holstein avec les enclaves d'Oldenbourg, Mecklenbourg-Schwerin et Strelitz, la partie nord-est de la province de Hanovre, les villes hanséatiques, Hambourg, Lubeck et Brème. Bataillon de landwehr de réserve d'Altona, n°86 (cercles de Pinneberg, de Stormarn, de Seegeberg et ville d'Altona).
- 10e corps d'armée:
La plus grande partie de l'ancien royaume, actuellement province de Hanovre, le grand-duché d'Oldenbourg, le duché de Brunswick. Bataillon de landwehr de réserve de Hanovre, n°73 (cercles de Wenningsen et de Hameln, ville et cercle de Hanovre).
- 11e corps d'armée:
Le cercle de gouvernement d'Arnsberg dans la Westphalie, l'ancien électorat de Hesse, l'ancien grand-duché de Nassau, l'ancienne ville libre de Francfort, le grand-duché de Saxe-Weimar, les duchés de Saxe-Cobourg-Gotha et de Saxe-Meiningen-Hildbourhausen-Saalfeld, la principauté de Waldeck. Bataillon de landwehr de réserve de Francfort-sur-le-Mein, n°80 (cercles de Francfort, d'Ober-Taunus et de Hanau).
- 12e corps d'armée:
Royaume de Saxe. Bataillon de landwehr de réserve de Dresde, n°108 (ville de Dresde).

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boite verte  Troupes de garnison :

C'est sur la division de l'Allemagne du Nord en districts de landwehr que repose toute la formation de l'armée de garnison.
Les troupes de garnison qui doivent être formées sont :
1° Deux régiments de landwehr de la garde à trois bataillons;
2° Deux régiments de grenadiers de landwehr de la garde à 3 bataillons ;
3° Dans chaque district de bataillon de landwehr provinciale, un bataillon de 4 compagnies;
4° Pour chaque bataillon de chasseurs de la ligne, une compagnie ;
5° Dans chaque district de corps d'armée, deux régiments de cavalerie à 4 escadrons;
6° Par régiment d'artillerie de campagne 3 batteries, comme batteries de sorties dans les places fortes, ou pour un autre emploi si elles deviennent inutiles dans les places fortes;
7° Le nombre et la force des compagnies d'artillerie de places sont doublés ainsi que nous l'avons vu plus haut;
8° Pour chaque bataillon de pionniers on forme 3 compagnies de places fortes qui sont réparties, non pas par compagnie, mais par détachement, en raison de l'importance des places fortes.

Les troupes de garnison peuvent aussi, en cas de besoin, être formées en régiments, brigades et divisions, pour constituer, dans une guerre offensive, des réserves stratégiques de l'armée d'opération, fournir des garnisons à l'étranger, et des corps de siège pour attaquer les places fortes ennemies laissées en arrière.
L'effectif complet de guerre des bataillons de landwehr de la garde et de grenadiers de landwehr de la garde est d'environ 800 hommes ;
celui des bataillons de landwehr provinciaux de 700 hommes à peu près;
— une compagnie de chasseurs de landwehr a environ 250 hommes;
— un régiment de cavalerie de landwehr 600 hommes;
— une batterie de sortie compte six bouches à feu.
On forme en outre 8 à 16 compagnies d'artillerie de garnison.

L'infanterie de garnison d'un corps d'armée se compose en moyenne de :
- 17 bataillons à 700 hommes 11.900,
- d'une compagnie de chasseurs 250,
Total : ...........12.150
ou, en nombre ronds, 12.000 hommes, ce qui donne pour 12 corps d'armée 144.000 hommes.

La cavalerie de garnison d'un corps d'armée est d'environ 1.200 combattants, ce qui fait pour 12 corps d'armée 14.400 hommes.

Les batteries de sorties d'un corps, d'armée donnent 18 pièces, ainsi pour les 12 corps 216 bouches à feu.

A l'infanterie de garnison s'ajoutent encore les 12 bataillons de landwehr de la garde, avec 9.600 hommes.
L'armée de garnison est donc forte d'environ 168.000 hommes d'infanterie et de cavalerie, avec 216 bouches à feu.

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boite verte  Service :

D'après la constitution de la Confédération allemande du Nord, tout Allemand est obligé au service militaire et ne peut se faire remplacer. S'il est susceptible de porter les armes, il appartient pendant 7 ans a l'armée permanente, généralement depuis l'âge de 20 ans révolus, jusqu'au commencement de sa 28e année ; puis il reste 5 ans dans la landwehr, jusqu'au commencement de sa 33e année.
Des sept premières années de service, trois se passent sous les drapeaux, les quatre autres dans la réserve, pendant lesquelles le soldat est généralement en congé.
En cas de guerre, les hommes de la réserve servent à mettre tout d'abord l'armée d'opération sur le pied de guerre ; — ensuite, des hommes de la réserve, de nouvelles recrues, et, si cela est nécessaire, des hommes de la landwehr servent à former les corps de troupes de remplacement (dépôt) ; — enfin les hommes de la landwehr, sauf les exceptions concernant les armes spéciales, servent à former les troupes de garnison.

grand-duché de Hesse-Darmstadt

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boite verte  Grand-duché de Hesse-Darmstadt :

La position particulière qu'avait vis-à-vis de la Confédération du Nord le grand-duché de Hesse-Darmstadt, avec un pied dans l'Allemagne du Nord et l'autre dans l'Allemagne du Sud, provoqua aussitôt le traité du 7 avril 1867, d'après lequel toutes les troupes hessoises formaient une division particulière, avec le n°25, et étaient incorporées dans le 11e corps de l'armée allemande du Nord.

La division de la Hesse-Darmstadt, 25e division allemande, apporte à l'armée d'opération :
- 4 régiments d'infanterie à 2 bataillons,
- 2 bataillons de chasseurs,
- 2 régiments de cavalerie à 5 escadrons,
- 2 divisions d'artillerie formant ensemble 6 batteries (2 batteries à pied de 6, et 4 batteries de 4 dont 3 à pied, 1 à cheval),
- 1 compagnie de pionniers et 1 division du train,
Cela fait en troupes de campagne 10 bataillons et 8 escadrons, ou 11.200 hommes d'infanterie et de cavalerie avec 36 bouches à feu.
Les troupes de dépôt consistent en 4 bataillons d'infanterie, 2 compagnies de chasseurs, 2 batteries avec 8 canons, 1 division de pionniers et 1 détachement du train, et en outre les cinquièmes escadrons des deux régiments de cavalerie ; ce qui donne en deuxième ligne 4.800 hommes d'infanterie et de cavalerie, avec 8 pièces de canon.
En troupes de garnison, la Hesse-Darmstadt a 6 bataillons de landwehr. Le pays est partagé en 4 districts de régiment dont deux ne fournissent qu'un bataillon chacun. Conformément à ce qui a lieu en Prusse, il se joint à ces bataillons 2 compagnies de chasseurs et 1 régiment de cavalerie, ainsi qu'une batterie de sorties de 6 pièces; ce qui fait 5.100 hommes d'infanterie et de cavalerie, avec 6 bouches à feu.

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boite verte  Bavière, Wurtemberg et Bade :

Les trois Etats allemands du Sud, Bavière, Wurtemberg et Bade, s'accordèrent en février 1867 pour prendre le système prussien comme base de l'organisation de leur armée. Bade avait adopté ce système depuis longtemps ainsi que le fusil à aiguille. Cette arme fut bientôt introduite dans le Wurtemberg pour l'armement de l'infanterie ; la Bavière au contraire suivit sa propre voie en transformant le fusil Podewill en une arme imparfaite se chargeant par la culasse, puis en adoptant une arme nouvelle en 1869, le fusil Werder. La fabrication du nombre nécessaire de fusils Werder n'était pas encore terminée lorsque éclata la guerre de 1870. Les Bavarois s'éloignent encore des Prussiens dans l'uniforme de leurs troupes et leur règlement d'exercice, mais leur formation générale est imitée du système prussien.

L'armée bavaroise compte en troupes de campagne :
- 16 régiments d'infanterie à 3 bataillons,
- 10 bataillons de chasseurs,
- 10 régiments de cavalerie à 5 escadrons (4 de guerre), savoir :
- - 2 régiments de cuirassiers,
- - 6 régiments de de chevau-légers et
- - 2 régiments de de uhlans,
- 4 régiments d'artillerie à 8 batteries de campagne et 5 batteries de places ; le 2e et le 3e régiment ont chacun deux batteries à cheval parmi leurs batteries de campagne.
- 1 régiment du génie, avec 2 divisions de campagne à 3 compagnies, et 4 compagnies de places.
Les 58 bataillons d'infanterie et de chasseurs donnent 58.000 hommes ; les 40 escadrons mobilisés 6.000 hommes ; ce qui fait 64.000 hommes d'infanterie et de cavalerie, avec 192 bouches à feu.
Les troupes de dépôt consistent, d'après le système prussien, en 16 bataillons d'infanterie, 10 compagnies de chasseurs, ou 18.500 hommes ; 10 escadrons ou 1.500 chevaux ; 8 batteries et 2 compagnies du génie; c'est-à-dire 20.000 d'infanterie et de cavalerie, avec 48 canons.
Les troupes de garnison se composent de 32 bataillons de landwehr, 22.400 hommes, auxquels s'ajoutent les compagnies d'artillerie et du génie de places ci-dessus mentionnées.

Le corps wurtembergeois a, en troupes de campagne :
- 8 régiments d'infanterie à 2 bataillons et 3 bataillons de chasseurs,
- 4 régiments de cavalerie à 4 escadrons,
- 1 régiment d'artillerie de campagne à 3 divisions, chacune de 3 batteries, 2 compagnies de pionniers,
ce qui fait en tout 21.400 hommes d'infanterie et de cavalerie, avec 54 touches à feu.
En troupes de dépôt :
- 4 bataillons d'infanterie,
- 1 bataillon de chasseurs,
- 4 escadrons,
- 3 batteries de dépôt à 4 pièces,
ou 5.200 hommes d'infanterie et de cavalerie, avec 12 pièces de canon ;
En troupes de garnison (au commencement de 1870), 6 bataillons de landwehr, 4.200 hommes, et une division d'artillerie de places avec 4 compagnies.

Le corps badois a, en troupes de campagne :
- 6 régiments d'infanterie à 3 bataillons,
- 3 régiments de dragons à 5 (4) escadrons,
- 1 régiment d'artillerie de campagne de 9 batteries,
- 1 division de pionniers et 1 division du train,
ce qui fait 19.800 hommes d'infanterie et de cavalerie, avec 54 pièces de canon;
En troupes de dépôt:
- 3 bataillons,
- 3 escadrons et une batterie,
ou 3.450 hommes d'infanterie et de cavalerie et 6 pièces de canon ;
En troupes de garnison :
10 bataillons et un escadron de landwehr, plus une division d'artillerie de places de 5 compagnies,
ce qui fait environ 7.000 hommes d'infanterie et de cavalerie avec 6 pièces de campagne (pour les sorties).

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boite verte  Forces en présence :

Il est maintenant intéressant de comparer les forces de l'Allemagne a celles de la France.
L'Allemagne a de troupes de campagne 518.000 hommes d'infanterie et de cavalerie, avec 1.506 canons.
La France ne peut leur opposer que 285.000 hommes d'infanterie et de cavalerie avec 984 canons, pas beaucoup plus de la moitié.
L'Allemagne a 161.000 hommes de troupes de remplacement (infanterie et cavalerie) ; la France n'a que 91.000 hommes de troupes de dépôt.
L'Allemagne a 187.000 hommes de troupes de garnison; la France n'a rien à leur opposer, car la garde mobile qui doit remplir ce service n'est pas encore organisée.
... Ces chiffres montrent clairement l'immense supériorité des forces de terre de l'Allemagne.
... Il n'y a pas en France de véritable organisation militaire. Quand nous parlons d'organisation militaire, nous n'entendons pas que tous les soldats restent toujours sous les drapeaux, — ce n'est point le cas en Allemagne,— mais nous voulons que tout homme qui doit servir comme soldat soit exercé militairement et connaisse sa place dans l'armée.
Or ces conditions n'étaient pas satisfaites en France. Le second Empire avait trop fait pour l'armée permanente qui peut toujours être faible, mais beaucoup trop peu pour grossir cette armée en cas de guerre.

Même sous Louis-Philippe, l'organisation militaire valait mieux sous ce rapport. Alors en effet la garde nationale sédentaire était organisée par toute la France. Bien qu'elle ne fût pas autre chose qu'une garde civile, elle permettait néanmoins de donner une éducation militaire élémentaire à toute la population mâle, et particulièrement aux classes riches et éclairées qui se rachetaient du service dans l'armée active.
En outre la loi avait prévu la formation de détachements mobilisés de la garde nationale ; ces détachements se formaient facilement, et, avec la masse d'hommes que renfermait la garde nationale, ces mobilisés pouvaient fournir une bonne armée de réserve, pour être employée d'abord à l'intérieur.
Napoléon III avait supprimé la garde nationale, et elle n'existait plus qu'incomplète dans un petit nombre de villes. Les bons partisans de l'Empire se faisaient encore remplacer dans le service de la garde nationale. Le propriétaire qui était commandé de garde mettait son domestique dans son uniforme de garde national et l'envoyait monter la garde à sa place.

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boite verte  Organisation :

Voici quelles sont en Allemagne les bases de l'organisation d'une armée active ; elles répondent complètement à l'organisation en temps de paix, et l'on n'y fait jamais que des changements sans importance.

- Un corps d'armée mobilisé se compose de deux divisions d'infanterie, une division de cavalerie et une réserve d'artillerie ;
- Une division d'infanterie renferme deux brigades d'infanterie, un régiment de cavalerie divisionnaire et une division d'artillerie à pied de 4 batteries ;
- Une brigade d'infanterie comprend généralement deux régiments ou 6 bataillons ;
- Une division de cavalerie renferme deux brigades, chacune de deux régiments, et une batterie à cheval. En 1870, on forma des divisions de cavalerie, indépendantes des corps d'armée, et quelques-unes très-fortes, ayant jusqu'à 9 régiments.
- La réserve d'artillerie compte deux batteries à cheval et une division à pied, en tout six batteries.