Les renforts
  Instructions du général Chanzy

  Journée du 11 janvier

  Journée du 12 janvier

Le génie fait sauter le pont de Pontlieue sur l'Huisne è


Dessin de A. Bassan (1910 ?)

 

Références bibliographiques :

               

Documents sur la bataille du Mans :

Récits :
- Chanzy : "La deuxième armée de la Loire", pages 223 à 371
- Rousset : "Histoire générale de la guerre franco-allemande", tome 4, pages 322 à 411
- Lehautcourt : "Campagne de la Loire, Josnes, Vendôme, Le Mans", pages 234 à 295

 

Les renforts

Suite à de nombreuses difficultés l'ensemble des 50000 mobilisés bretons du camp de Conlie ne put rejoindre l'armée de Chanzy; "le corps de Bretagne", division du général Gougeard, fut insérée au 21e corps en novembre et 9000 hommes mal équipés formèrent début décembre la division du général lalande.

L'amiral Jauréguiberry ramena 9000 hommes épuisés, issus des colonnes mobiles, de Château-du-Loir.

Une division fut constituée avec deux brigades (colonel Bérard et colonel Jobey) et commandée par le général le Bouëdec.


Conlie

Mayenne : Arrivée du ballon monté le "Kepler".

  

Instructions du général Chanzy dans la soirée du 10 janvier

1) En avant de Pontlieue:

Les hauteurs qui vont d'Arnage jusqu'au-dessus de la gare d'Yvré-l'Évêque et que borde le Chemin- aux-Boeufs. La défense en sera assurée, entre la Sarthe et la route de Tours, par les troupes de Bretagne aux ordres du général Lalande;

De la route de Tours à celle de Parigné, par la division Deplanque, du 16e corps, laissant toutefois la brigade Ribell sur les hauteurs au-dessus de Changé, qu'elle a défendues aujourd'hui si vigoureusement, jusqu'à ce qu'elle ait pu être remplacée sans inconvénient par les troupes du 17e corps.

De la route de Parigné-l'Evêque jusqu'à la gare d'Yvré-l'Évêque, par les divisions Roquebrune et Jouffroy, du 17e corps; la 1re à droite, s'appuyant à la route de Parigné et menaçant ce village, qu'il serait important de reprendre à l'ennemi; la 2e (Jouffroy), à hauteur de Changé, se reliant par sa gauche avec la division Pâris, établie au plateau d'Auvours.

Lorsque les 2e et 3e divisions du 16e corps seront rentrées dans leurs lignes, elles s'établiront en réserve autour de Pontlieue, et le vice-amiral Jauréguiberry prendra le commandement de tout le secteur qui vient d'être indiqué.

2) Entre l'Huisne et la route de Saint-Calais;

Par les troupes de la 2e division du 17e corps sous les ordres directs du géneral de Colomb, occupant fortement le plateau d'Auvours conjointement avec les troupes de la division Gougeard du 21e corps, en partie sur ce plateau et en partie le long de l'Huisne, pour garder les ponts et les villages de Champagné et de Saint-Mars-la-Bruyére.

Tout ce secteur sera sous le commandement du général de Colomb, qui devra faire tous ses efforts pour refouler l'ennemi au delà d'Ardenay et pour occuper de fortes positions sur les routes de Paris et de Saint-Calais.

3) Entre l'Huisne et le cours supérieur de la Sarthe:

A partir des hauteurs qui dominent Connerré sur la rive droite, par le 21e corps, selon les dispositions que prendra le général Jaurès pour conserver ces hauteurs, Pont-de-Gennes,Montfort, défendre les mamelons qui dominent Yvré-l'Évêque sur la rive droite, et parer à toute attaque venant des directions de Bonnétable ou de Ballon, sur les positions assignées au 21e corps en avant de Sargé.

Il faut sur ces positions résister à l'ennemi aussi longtemps que dureront ses efforts, avec la ténacité que la deuxième armée a mise à défendre ses lignes de Josnes... On prendra l'offensive partout où cela sera nécessaire et possible,..

Personne ne devra s'éloigner des bivouacs et des positions à défendre. L'accès du Mans est formellement interdit à la troupe et aux officiers de tout grade. Chaque corps d'armée fera garder ses derrières par de la cavalerie pour ramasser les fuyards et empêcher toute débandade. Les fuyards seront ramenés sur les positions et maintenus sur la première ligne de tirailleurs. Ils feront fusillés s'ils cherchent à fuir ...

...Le général en chef n'hésiterait pas, si une débandade venait à se reproduire, à faire couper les ponts en arrière des lignes, pour forcer à la défense à outrance...

Les nouveaux contingents fournis par l'armée de Bretagne seront répartis, au fur et à mesure de leur arrivée, sur toutes les positions de la rive droite, occupées jusqu'ici par le 17e corps, depuis Saint-Saturnin par Milesse, Chauffour, Saint-Georges-du-Bois, jusqu'à Allonnes, gardant ainsi la vallée de la Sarthe sur la rive droite, les routes d'Alençon, de Conlie, de Sillé, de Laval, de Sablé, et la ligne d'Angers.

Journée du 11 janvier 1870 :

11 janvier 1871 (11h)

  

Combat de Champagné

 

Consulter : Récit d'Henri Monnié

 

  

Combat d'Auvours

Engagement vers 9h sur Champagné entre les troupes du colonel Bell et la 12e brigade prussienne. A 11h les prussiens occupent Champagné et se dirigent le long de la voie ferrée sur la Lune d'Auvours et le chateau des Arches.

"...En effet, Champagné avait été vigoureusement attaqué. La brigade Bell s'était vaillamment comportée, mais aux premiers coups de feu le colonel Bell était tombé et avec lui le commandant de Trégomain. Le village défendu, maison par maison, nous avait été enlevé..." H de la Touanne


Schlacht vor Le Mans-Champagné am 11. januar 1871 - G. Koch

Pris sous le feu des cinq batteries disposées sur le plateau d'Auvours, les prussiens se replient sur le chateau d'Amigné.

 


Auvours

 

Engagement vers 13h00 aux abords du plateau d'Auvours sur Villiers :

Troupes françaises

Troupes prussiennes

Général Pâris

Général de Manstein

2e division du 17e corps

12e brigade avec deux batteries
18e division au ravin de Villiers
12 pièces allemandes positionnées au sud du ravin de Villiers

Bilan: Repli sur Yvré-l'Evêque

Bilan: Occupation du plateau d'Auvours

Devant le repli de la division Pâris, le général Gougeard décide de reprendre la position d'Auvours. Il menace de tirer sur les fuyards. Les troupes se réorganisent et près de 2000 hommes (parmi lesquels: les mobiles des Côtes-du-Nord, les volontaires de l'ouest, les chasseurs de la division Pâris) se lancent à l'assaut. L'affrontement est terrible, les pertes sont importantes mais les prussiens reculent. Le plateau d'Auvours est réoccupé mais pas dans sa totalité.

A huit heures du soir , les troupes de général Gougeard reviennent à Yvré laissant la garde du plateau à la division Pâris.

Considéré comme un des plus brillants faits d'armes, ce combat d'Auvours fut illustré par un tableau de Lionel Royer (Musée du Mans).

Récit du général Gougeard    Récit d'un zouave pontifical    Récit du sous-lieutenant Guillou


tableau de Lionel Royer


"...Là, tombèrent bien des zouaves et plusieurs officiers. Le général Gougeard eut son cheval percé de six balles, mais le commandant de Montcuit et le capitaine Lallemant étaient toujours en avant. On vit alors des actes de courage admirables. Le capitaine de Bellevue tombe, un jeune prêtre du Mans, l'abbé Fouqueray s'élance pour l'assister et il est tué sur le corps même du capitaine. Autour de lui tombèrent également les capitaines Du Bourg et Belon, les lieutenants Le Bailly, Garnier, Benoist, Bonvallet. Les mobiles des Côtes-du-Nord sont aussi éprouvés, leurs six officiers, MM Groazel, du Clezieux, de la Noue, Le Treust, Guillon, Le Corguillet, sont tués ou blessés. Sur 320 hommes composant la 1e et la 5e compagnie, 110 seulement restent debout et plus un officier!
Le 10e chasseurs à pied, les mobilisés sont aussi décimés, mais le sommet est à nous..."
H. de la Touanne

 

  

Combat de Changé


Changé

Engagement vers 11h00 :
Le général d'Alvensleben commanda une progression de la 11e brigade le long du ruisseau du gué Perray. Les batteries françaises du Luart et du plateau d'Auvours firent feu et trois compagnies trouvèrent refuge au château des Arches sans pouvoir en déloger. L'autre partie de la brigade se dirigea vers la ferme des Granges, où l'attendaient les troupes du général Jouffroy, renforcées par la brigade Desmaisons jusque là en réserve à Pontlieue et la division Roquebrune. Les combats furent violents jusqu'à la nuit et les prussiens connurent de lourdes pertes sans pouvoir tenir la position de la ferme des Granges.

De Changé les 9e et 10e brigades prussiennes vinrent sur la ferme du Tertre au contact de la division Roquebrune. La situation était à leur avantage après avoir pris deux pièces postées sur le Chemin aux Boeufs et occupé le Tertre. Mais plusieurs contre-attaques menées par la brigade du colonel Bérard et les troupes des généraux Roquebrune et Desmaisons arrêtèrent l'avance prussienne qui fut maintenue sur la ligne le Tertre-les-Noyers.

La 12e brigade prussienne vint en renfort pour dégager les trois compagnies de la 11e bloquées au château des Arches. L'artillerie du Luart et d'Yvré ne laissa pas de répit aux prussiens qui demeurèrent sur place jusqu'au soir.

Pertes du IIIe corps pour cette journée : 34 officiers et 487 hommes.




 

  

Combat du 21e corps

Affrontement vers 11h sur Connerré entre la 17e division et la division Collin (2e division du 21e corps). Vers 16h les prussiens occupent Lombron.
Affrontement sur Pont-de-Gennes et Montfort entre la 17e division et les troupes (1 compagie de fusiliers-marins, 3 compagnies du 94e et 3 compagnies de marins) du général Jaures.


 

"...Dans la soirée, le XIIIe corps allemand s'établissait entre la Chapelle-Saint-Rémy et les Cohernières, en face des divisions Rousseau et Collin, qui s'étendaient de Pont-de-Gennes au nord de Lombron , les avant-postes en plein contact. On voit que ses progrè avaient été à peu près nuls.
Le 11 au soir, la situation des allemands, à l'aile droite et au centre , était assez
critique. Depuis deux jours, le grand-duc ne progressait pas; la 18e division, qui dans cette journée avait perdu 18 officiers et 275 hommes, sans pouvoir dépasser Champagné, le IIIe corps, toujours en flêche du côté de Changé, étaient contraints, pour avancer le lendemain, soit de franchir l'Huisne sous le feu de nos batteries d'Yvré, soit de longer la rive gauche en prêtant le flan à ces mêmes batteries. Le prince Frédéric-Charles n'avait que peu d'informations sur les Xe et XIIIe corps et voyait ses troupes très fatiguées; la pénurie d'officiers commençait à se faire cruellemnt sentir, le ravitaillement en vivres et munitions devenait extrêmement pénible..." Lt.Col. Rousset

  

Combat de la Tuilerie

Engagement vers 16h au château de la Paillerie entre la 14e brigade de cavalerie et la division de Roquebrune.
Les prussiens doivent se replier sur la route de Parigné.

Délaissant les ordres lui enjoignant de marcher sur Changé, le général de Voigts-Rhetz occupant Mulsanne avec une division décide de continuer sur le Mans par la route de Pontlieue.

A la tombée de la nuit, les bataillons prussiens viennent se heurter aux avant-postes situés au sud du chemin aux boeufs à la hauteur des Mortes-Aures. Ces positions étaient occupées au sud-ouest de la route de Mulsanne par des compagnies du 8e chasseurs et du 31e d'infanterie appuyés par les mobilisés de Bretagne commandés par le général de Lalande. Au nord-est de cette route on trouvait la division Deplanque.

Les affrontements eurent lieu dans une extrème confusion, les troupes n'arrivant pas à s'identifier dans l'obscurité. Les prussiens étaient pourtant _selfs sur ces positions jusqu'à ce qu'une compagnie n'effectue une percée au sud de la Tuilerie. Vers 20h les prussiens occupent la position de la Tuilerie.

L'amiral Jauréguiberry demande à la division Le Bouedec de reprendre l'offensive mais les hommes sont à bout de forces. Les prussiens progressent et font de nombreux prisonniers.

Après plusieurs tentatives vaines pour faire face à l'ennemi, l'amiral doit rendre compte au général Chanzy de la gravité de la situation et recommander une retraite imminente.


11 janvier 1871 (16h)

Journée du 12 janvier 1870 :

  

Retraite du 21e corps

Au matin du 12 janvier, les divisions Barry, Jouffroy et Deplanque sont en repli. La division Roquebrune se maintient difficilement et la division Pâris occupe Yvré..

Le IXe corps a repris le plateau d'Auvours.

Le général Chanzy ordonne le repli général de l'armée entre Pré-en-Pail et Alençon.

La 1e division (Rousseau) et la 4e (Gougeard) prennent la route de Sargé. Le 13e bataillon de chasseurs porta secours aux unités d'artillerie menacées par les prussiens occupant le Mans.

La 2e division (Collin) arrivait sur Saint-Corneille quand, vers 9h, la 1e brigade fut attaquée par les troupes du XIIIe corps.

Engagement à Courceboeufs entre les 1e bataillon de l'orne, 3 compagnies du 41e de marche, Franc-tireurs du Mans et les 22e division (un bataillon, un escadron et quatre pièces) et 4e division de cavalerie venant de Bonnétable.
Les prussiens furent _selfs et la division put gagner Ballon.


Courceboeufs

La 3e division (Villeneuve) garda ses positions face à la 22e division au sud de Chanteloup mais perdit de nombreux hommes faits prisonniers.
Engagement à Saint-Corneille entre la 1e brigade et la 17e division prussienne.


Chanteloup

Vers 21h le général de Villeneuve avait regroupé ses troupes vers Souligné-sous-Ballon. Les pertes étaient importantes dont notamment prés de 2000 prisonniers. Dans la nuit et le lendemain, le 21e corps passa la Sarthe aux ponts de la Guierche et de Monbizot.

Le 12 au soir, les prussiens stoppèrent leur offensive sur la ligne Bonnétable - Montfort.

Pendant la nuit, les prussiens occupaient les positions suivantes :

  

Retraite du 17e corps

Au matin, profitant du brouillard, la division Pâris quitta Yvré et franchit la Sarthe. Une partie de son artillerie fut bloquée dans les encombrements du Mans.
La division Jouffroy avait passé la Sarthe et traversé la ville sans problème, elle gagna sans incident le camp de Conlie.
La division Roquebrune tenait toujours sa position vers 11h du matin (chemin aux boeufs perpendiculairement à la route de Parigné) repoussant les attaques prussiennes.
Informée de la retraite générale, elle se replia en se gardant de la 20e division prussienne qui s'avançait de Ruaudin vers le Mans. Le général de Roquebrune passa la Sarthe et se dirigea vers Domfront.

Vers midi, les IIe et Xe corps regroupés progressèrent en direction de Pontlieue.

 

 

 

 

  

Les prussiens au Mans

Une arrière-garde commandée par le général Le Bouëdec protégeait les abords de Pontlieue, surveillant le pont sur l'Huisne qui avait été miné.
Cette troupe, constituée de la brigade Jobey et du 36e régiment de marche avec 3 mitrailleuses, fut attaquée par la 20e division. Celle-ci ouvrit le feu de son artillerie et la position devint vite intenable.
Le général Le Bouëdec ordonna la retraite et le capitaine du génie Legros tenta de faire sauter le pont.
Mal préparée, cette manoeuvre échoua en partie et le capitaine legros fut sérieusement blessé par l'explosion.


 

Références bibliographiques :

          

 

"...Deux bataillons allemands purent s'avancer sur les décombres fumants, gagner la rive droite, et ouvrir la route à ceux qui les suivaient. Tandis que ces derniers refoulaient devant eux le régiment de gendarmerie à pied, qui jusqu'au dernier moment avait tenu derrière le pont de Pontlieue et se retirait maintenant en se défendant dans la grande avenue de Pontlieue et les rues adjacentes, ils appuyèrent à gauche et se portèrent sur la gare, d'où les derniers trains partaient au milieu de la fusillade; chemein faisant, ils capturèrent un magasin de 1000 quintaux de farine, 150 voitures de vivres, neuf machines locomotives et une certain nombre de wagons.

Dans la ville, où maintenant les allemands pénétraient en foule, la résistance était très vive. Sur la place des Jacobins, sur la place des Halles, nos arrière-gardes cherchaient à protéger le départ des derniers convois, dont la majeure partie était déjà en sûreté sous la conduite du régiment de gendarmes à cheval, et les prussiens avaient peine à débusquer les fantassins postés dans les maisons. (...). Une maison de la place des Halles, le café de l'Univers, fut défendue à outrance, et il fallut recourir, pour la réduire, à une pièce de canon.
Il était fort tard quand le combat cessa, on peut dire faute de combattants, car nous n'avions plus dans la ville que quelques égarés, qui d'ailIeurs furent pris. Le Xe corps d'armée, les 9e et 10e brigades d'infanterie occupèrent le Mans en cantonnements d'alerte, sans chercher le moins du monde à nous poursuivre; quelques avant-postes furent seuls placés aux débouchés ouest. Le reste de la IIe armée allemande s'installa aux abords est et nord de la ville, sur les positions où il se trouvait ..." Lt.Col. Rousset


Bilan des affrontements au Mans :

"...La terrible lutte de sept jours qui venait de prendre fin coûtait aux allemands 200 officiers environ et 3200 hommes; l'armée de Chanzy avait perdu à peu près 6000 hommes par le feu, mais elle laissait aux mains de l'ennemi 20000 prisonniers, 17 bouches à feu et un matériel considérable. Au prix de coûteux sacrifices, et réduite à un état d'épuisement tel qu'il lui eût été probablement impossible de poursuivre son succès, s'il n'avait pas été décisif, la IIe armée allemande avait donc atteint le but que se proposait le grand quartier général allemand, à savoir la mise hors de cause, au moins momentanée, de l'armée de la Loire. (...)

Somme toute, c'est le IIIe corps d'armée qui, à peu près seul, a soutenu le poids de la lutte, et c'est grâce à cette circonstance que l'armée française a pu ne pas être anéantie complètement; car il est clair que si le grand-duc de Mecklembourg avait agi plus vigoureuse ment et marché plus vite, notre retraite eût été fort compromise, et la deuxième armée de la Loire eût couru le risque d'être enveloppée presque complètement.
Mais soldats et officiers allemands n'avaient plus l'enthousiasme du début; la solidité des troupes était singulièrement réduite (...)
De notre côté, on ne saurait trop admirer l'énergie surhumaine déployée par le général Chanzy, dont la seule volonté a maintenu sur leurs positions, jusqu'au 12 janvier, des troupes épuisées par les fatigues, les privations et les souffrances d'un hiver exceptionnel. Nous devons toutefois exprimer le regret qu'il n'ait pas cru devoir rompre délibérément avec des errements basés sur une fausse conception de la discipline, et can tonné ses hommes, au lieu de les tenir au bivouac; car c'est là, à n'en pas douter, une des causes dominantes de sa défaite.
(...) Le soldat français, si généreux dans le sacrifice, est souvent fragile dans la souffrance, et celles qui ont été imposées à la deuxième armée de la Loire dépassent certainement de beaucoup la moyenne à laquelle le commun des hommes est susceptible de résister. (...) Aussi, les chefs de cette armée n'ont plus trouvé dans les misérables épaves du camp de Conlie, dans les débris des colonnes mobiles et dans les corps désagrégés qui depuis trois mois erraient au milieu de bivouacs glacés, que des forces éteintes et des âmes découragées. " Lt.Col. Rousset